Entre excès de stabilité et manque d’instabilité

Le monde qui nous entoure ne cesse de nous parler de ces deux opposés tout en nous incitant à croire qu’il n’y a que la stabilité qui soit désirable : stabilité monétaire, politique, familiale, écologique, etc. Tous les printemps, les jours se rallongent, les bourgeons éclosent, les fleurs s’ouvrent, les abeilles sortent de leur ruche et les bouchons se forment dans le tunnel du Gothard. Que de stabilité ! Pourtant, lorsque nous regardons les choses de plus près, nous observons l’apparente instabilité à l’œuvre pour maintenir cette stabilité. Nous ne tenons sur un vélo qu’en effectuant continuellement de petites incursions vers la droite et vers la gauche, de même, nous ne tenons en équilibre sur nos jambes que grâce à des micro-mouvements. Philosophiquement, nous pourrions conclure que la stabilité ne peut exister que grâce à l’instabilité.
La vie en nous reproduit ce même principe de l’instabilité à l’œuvre pour maintenir la stabilité. Tout cycle hormonal ne fait que de passer à travers des minima et des à maxima, à la recherche d’une stabilité parfois fragile. Toute vibration se fait autour d’un point d’équilibre … et comme tout notre corps énergétique n’est que vibration, nous comprenons bien l’importance de la notion de mouvement nécessaire à la stabilité. Bien souvent, nous nous trouvons en pleine contradiction : Nous aspirons tous à la stabilité parce qu’elle nous fait miroitier une sécurité illusoire, alors que les crises de la vie illustrent comment notre être peut s’insurger contre la routine dont la finalité n’est qu’une apparente stabilité.
Sachant que finalement, il n’y ait rien dans cet univers qui soit fait pour être stable et exister indéfiniment, nous pourrions nous demander comment ce principe-là s’applique dans nos propres vies. Je me demande d’ailleurs si à chaque fois que nous créons quelque chose de très stable, nous n’étions pas aussi entrain de créer ou alimenter une force qui sera chargée – tôt ou tard – de détruire ce que nous avons crée. Avec les forteresses, nous avons crée les canons, avec le béton nous avons crée la dynamite, avec les plastiques indestructibles, nous créons … les cataclysmes. Il n’y absolument rien qui ne soit pas indestructible, même une cathédrale truffée de capteurs à incendie n’échappe pas à ce principe.